On entend souvent parler de créateurs qui gagnent des dizaines de milliers d’euros par mois sur OnlyFans.
Mais derrière ces success stories virales, que rapportent vraiment les comptes “classiques” — ceux de monsieur ou madame Tout-le-Monde, qui se lancent dans l’espoir d’arrondir leurs fins de mois ?
La réponse risque de surprendre. Car contrairement à ce que beaucoup imaginent, la majorité des créateurs sur OnlyFans gagnent peu. Très peu.
Des revenus très concentrés… dans les mains d’une minorité
Selon un rapport officiel publié par OnlyFans, environ 1 % des créateurs concentrent plus de 33 % des revenus de la plateforme.
Cela signifie que sur les 2 millions de profils actifs, une infime minorité engrange la quasi-totalité des gains.
Le reste ? Des revenus souvent modestes, parfois inexistants.
Une étude du site Influencer Made a compilé les données de plus de 1 000 profils anonymes “non célèbres” :
- Le revenu médian est inférieur à 180 € par mois
- Près de 45 % des créateurs gagnent moins de 100 € mensuels
- Et plus d’un tiers ne retirent jamais leurs gains, faute d’atteindre le seuil minimum de paiement
Pourquoi les “petits” comptes gagnent si peu ?
Plusieurs raisons expliquent cette réalité économique :
- La concurrence est immense : chaque jour, des milliers de nouveaux profils apparaissent, souvent avec des tarifs très bas
- L’algorithme ne recommande pas les nouveaux comptes : tout repose sur l’autopromotion, souvent sur TikTok ou Twitter
- Les attentes des abonnés sont de plus en plus élevées, même pour des créateurs débutants
- Et surtout : le public est limité. Pour espérer 500 à 1 000 € mensuels, il faut fidéliser entre 50 et 200 abonnés payants — ce qui demande du temps, de l’énergie et une forte présence en ligne
Autrement dit, il ne suffit pas de poster quelques photos ou vidéos pour que l’argent tombe.
Témoignages : “J’ai gagné 37 € le premier mois”
Claire, 29 ans, raconte :
“Je voyais des filles dire qu’elles gagnaient 3 000 ou 5 000 € par mois. J’ai lancé mon compte, pris un abonnement à Canva, fait des photos, promu sur Insta… et après 3 semaines, j’ai eu 4 abonnés à 9,99 €.”
Même constat pour Léo, 32 ans :
“J’ai gagné environ 100 € sur 2 mois. Mais j’ai passé 20 heures à faire du montage et répondre à des messages. C’est plus du bénévolat qu’autre chose, au début.”
Des coûts cachés à ne pas sous-estimer
Ce que peu de créateurs anticipent : les frais liés à l’activité.
En plus de la commission prélevée par la plateforme (20 %), il faut souvent investir dans :
- Un smartphone ou appareil photo de qualité
- Un éclairage ou une mise en scène minimale
- Des outils de montage
- Et surtout : du temps de gestion, de réponse aux messages, de publications régulières
Résultat : beaucoup abandonnent au bout de 2 ou 3 mois, faute de retour financier suffisant.




