Un groupe de législateurs brésiliens a présenté une législation visant à interdire les paris à cotes fixes dans tout le pays.alors même que des considérations politiques et fiscales soulèvent des questions sur la faisabilité d’une telle mesure.
Le projet de loi 1808/2026 a été présenté mardi à la Chambre des députés, soutenu par 68 parlementaires. L’initiative a été menée par le caucus du Parti des Travailleurs, avec le soutien de 65 de ses 66 députés, aux côtés de deux membres du PSOL et un de REDE.
La proposition abrogerait les dispositions clés des lois n° 13.756 de 2018 et n° 14.790 de 2023.démantelant ainsi le cadre réglementaire actuel des paris. A sa place, le projet de loi introduit une interdiction couvrant l’exploitation, l’offre, la promotion, la publicité, l’intermédiation et la facilitation des paris à cotes fixes. sur tout le territoire national, y compris les services fournis par des entreprises étrangères ciblant les utilisateurs brésiliens.
D’après le texte, l’objectif est de « protéger la population brésilienne des graves dommages sociaux, économiques et de santé publique » causé par les paris à cotes fixes.
Le projet de loi prévoit également des mesures d’applicationnotamment la suppression de sites Internet et d’applications, la désindexation des moteurs de recherche et l’interruption des transactions financières liées aux plateformes de paris.
L’Agence nationale des télécommunications serait chargée d’ordonner des blocs d’accès, les opérateurs étant tenus de s’y conformer dans un délai de 24 heures. La responsabilité s’étendrait aux plateformes, intermédiaires et prestataires de paiement impliqués dans la facilitation de ces services.
En parallèle, la proposition introduit des dispositions visant à atténuer les dommages sociaux. Il s’agit notamment de la création de programmes de soutien et de traitement pour les personnes dépendantes au jeu, ainsi que de campagnes de sensibilisation du public sur les risques associés aux paris. Les législateurs encadrent ces mesures dans le cadre d’une approche de protection sociale ciblant l’endettement et la dépendance.et l’impact du jeu sur le revenu des ménages et sur l’économie dans son ensemble.
Le député Pedro Uczai, qui dirige le Parti des Travailleurs et le Bloc Fédération Espoir Brésilien, a fait circuler un message inviter des collègues à se joindre en tant que co-auteurs du projet de loi. Le document se lit comme suit, selon Données BNL:
“Mesdames et Messieurs les députés, je vous adresse une invitation à co-auteur du projet de loi. qui interdit l’exploitation, l’offre, la promotion et la facilitation des paris à cotes fixes sur tout le territoire national, abroge les dispositions des lois n° 13.756 du 12 décembre 2018 et n° 14.790 du 29 décembre 2023, établit des mesures de blocage de l’accès, de suppression des candidatures, d’interruption des flux financiers, de responsabilisation des intermédiaires et de protection des contenus d’intérêt public, et prévoit d’autres mesures. Nous comptons sur votre participation », indique le document.
Malgré le niveau de soutien au sein du Parti des travailleurs, membres des partis alliés PCdoB et PVqui font ensemble partie de la même fédération parlementaire, n’a pas rejoint l’initiative.
Cette avancée législative intervient au milieu d’un débat en cours sur l’impact économique et social des paris. Une étude présentée mardi à Brasilia par LCA Consultoria Econômica, intitulée « Dette des ménages et défaut de paiement au Brésil – Preuves sur les dynamiques récentes et les facteurs d’impact » conteste les affirmations selon lesquelles la hausse de l’endettement des ménages est principalement due à l’activité des paris sportifs.
Une étude séparée de mars suggère également les Brésiliens qui pratiquent des paris sportifs et des jeux en ligne dépenser des sommes relativement petites chaque mois.
En même temps, Le président Luiz Inácio Lula da Silva a intensifié ses critiques contre les plateformes de parisfaisant de cette question un élément récurrent du message public du gouvernement. La stratégie de communication de l’administration a encadré les paris aux côtés des banques et des milliardaires sous l’étiquette « Fiscalité BBB ». Les analystes considèrent que ce discours est politiquement motivé, en particulier lors d’une année électorale, où un langage plus strict peut trouver un écho auprès des électeurs.
Cependant, étant donné que les paris pourraient générer d’importantes recettes publiques, les pouvoirs exécutif et législatif sont confrontés à des contraintes pour faire avancer une interdiction totale.. Les observateurs notent qu’aucune des deux branches ne semble disposée à renoncer à ces entrées potentielles alors que le gouvernement cherche à atteindre ses objectifs budgétaires.
Les acteurs de l’industrie ont prévenu que interdire les paris réglementés pourrait avoir des conséquences inattendues.
Ils soutiennent qu’une telle démarche pourrait conduire à une insécurité juridique et encourager l’expansion de marchés non réglementés. Les estimations suggèrent que Jusqu’à 25 millions de Brésiliens pourraient se tourner vers des plateformes de paris illégalesune exposition croissante au crime organisé, au blanchiment d’argent et à l’absence de protection des consommateurs.
La perspective d’une migration vers des canaux illicites a également suscité des inquiétudes quant aux difficultés de mise en œuvre. Les critiques mettent en garde contre le fait que restreindre l’accès légal pourrait créer des incitations à des activités clandestines, compromettant potentiellement les protections sociales prévues par la politique.




